Politique Nationale de Mobilité Urbaine en Tunisie, la démarche est lancée!

Politique Nationale de Mobilité Urbaine en Tunisie, la démarche est lancée!
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Lorenza Tomasoni
CODATU
Déléguée Générale Adjointe
Actualité CODATU Lundi 3 Décembre 2018

Une démarche engagée au plus haut niveau

Le Gouvernement de la République Tunisienne s’est engagé dans une démarche ambitieuse de mise à jour de la Politique Nationale de Mobilité Urbaine (PNMU). Le partenariat MobiliseYourCity soutient cette démarche et met à disposition du Gouvernement Tunisien des experts internationaux pour assister le Ministère du Transport, porteur du projet, ainsi que les autres acteurs concernés, dans la mise en œuvre du processus.

Pour lancer cette démarche, toutes les parties prenantes de la mobilité dans les villes tunisiennes ont été conviées à une série d’ateliers organisée par le Ministère du Transport, sous l’égide du Chef du Gouvernement, le vendredi 19 octobre 2018 à Gammarth.

Cette journée d’ateliers a permis de dresser un état des lieux de la mobilité urbaine dans le pays et d’identifier les principaux défis – techniques, institutionnels et financiers – qu’il s’agit de relever pour l’avenir, dans un esprit de partage et de concertation.

 

La journée a été structurée par quatre ateliers successifs, sur les thèmes suivants :

  • Voirie urbaine et circulations
  • Transports collectifs urbains
  • Gouvernance de la mobilité urbaine
  • Financement de la mobilité urbaine

Au cours de chaque atelier, les participants ont été invités, dans un premier temps, à passer en revue l’évolution récente de la situation afin d’identifier de manière explicite les principaux problèmes, enjeux ou potentiels d’amélioration, en respectant la diversité des points de vue, complémentaires par définition.
Sur cette base et dans un deuxième temps, les participants ont été invités à formuler et à discuter des objectifs stratégiques qu’il serait a priori souhaitable d’adopter pour les années à venir, en intégrant au mieux les éventuelles orientations issues de  réflexions parallèles ou antérieures.

Rappel du programme de la journée

– Allocutions de bienvenue et d’introduction :

  • Monsieur le Ministre du transport
  • Monsieur le Ministre des Technologies de l’information et de l’Économie numérique
  • Monsieur le Conseiller auprès du Gouvernement chargé du suivi des projets et des programmes
    publics
  • Monsieur le Directeur du bureau de Tunis de l’Agence Française de Développement

– Objectifs et déroulement de la journée : Monsieur le Secrétaire général du Ministère du Transport

– Mobilité Urbaine en Tunisie, constats et perspectives : consultant Transitec/Sides

– Ateliers de partage et de débat autour des 4 thèmes retenus : tous les participants

Une journée d’échange pour des constats partagés

Les débats portant sur la voirie et la gestion des circulations ont surtout abordé quatre sous‐thèmes, à savoir : (i) l’insuffisance des alternatives à la voiture particulière, (ii) la dégradation de l’offre de transports publics, (iii) la faible prise en compte des  modes doux, et (iiii) les dysfonctionnements dûs aux géométries de la voirie (espaces de circulation, de stationnement, de cheminement piétonnier, etc.). Un lien fort a été mis en évidence entre la prédominance croissante et coûteuse de la voiture particulière, d’une part, et l’étalement urbain de plus en plus flagrant, la faible attractivité des transports publics et l’insuffisance des aménagements dédiés aux modes actifs (marche, vélo), d’autre part. Il est souligné que le transport public ‐ régulier en particulier ‐ n’offre pas aujourd’hui aux usagers une qualité service qui permettrait de concurrencer la voiture particulière, perçue comme la seule option attractive.

Des éléments intéressants, pouvant notamment nourrir les réflexions sur la réforme des entreprises publiques actuellement imaginée par les pouvoirs publics, ont émergé lors des échanges avec la salle. Les débats ont surtout abordé trois sous-thèmes, à savoir : (i) la crise actuelle des entreprises publiques, (ii) la nécessité de restructurer et de réformer ces entreprises, (iii) la nécessité d’un recours aux opérateurs privés pour réduire les coûts de transport et (iiii) la nécessité de faire évoluer la tarification pour soulager le fardeau financier de l’État. L’attractivité et les performances du transport public urbain sont clairement insatisfaisants pour l’usager. Ce constat étant visiblement partagé par tous, c’est ensuite la gravité de la situation des entreprises publiques qui a été soulignée par de nombreux participants avisés.

La mise en place des Autorités Régionales Organisatrices des Mobilités (les AROTT dans la loi 2004-33) fait l’objet de projets pilotes à Sfax et à Tunis depuis déjà quelques années. Cependant leur installation peine à se concrétiser faute notamment d’un cadre institutionnel adapté et de moyens financiers et humains. La publication en 2018 du nouveau Code des collectivités locales obligent à se poser de nouvelles questions de cohérence et de coordination au niveau des compétences. Les débats portant sur la gouvernance de la mobilité urbaine ont surtout abordé trois des quatre thèmes proposés dans la présentation d’introduction, à savoir : (i) le partage des responsabilités entre l’État et les collectivités locales et les enjeux institutionnels au niveau local, (ii) les outils de la gouvernance, et (iii) le développement des ressources humaines. Le thème du portage de la mobilité urbaine au niveau national et de l’optimisation des investissements de l’État dans le secteur n’a pas vraiment été abordé.

Enfin, les débats portant sur le financement du transport urbain ont abordé principalement trois thématiques, à savoir : (i) l’équité sociale, (ii) le service public et (iii) la crise structurelle des entreprises de transport. A un niveau général, la notion de transport public en tant que service accessible à tous et la nécessité de trouver de nouvelles ressources pour le transport ont fait l’objet de nombreuses remarques. Les participants ont évoqué des pistes telles que les contrats‐programmes, la contribution des employeurs et une ponction sur la valorisation foncière.

Une phase de concertation et de co-construction à venir

Afin de travailler de manière concertée à la révision de la Politique Nationale de Mobilité Urbaine en Tunisie, le Ministère du Transport pilote la constitution d’un Groupe de travail qui réunit les Directeurs Généraux issus des Ministères membres du Comité Stratégique :

  • Ministre du transport ;
  • Ministre de l’équipement, de l’habitat et de l’aménagement du territoire ;
  • Ministre de l’énergie, des mines et des énergies renouvelables ;
  • Ministre du développement, de l’investissement et de la coopération internationale ;
  • Ministre des finances ;
  • Ministre de l’intérieur ;
  • Ministre des affaires locales et de l’environnement.

La première réunion du Groupe de travail est prévue pour la mi-décembre 2018 et devra permettre le lancement des travaux.

Partenaires associés

Ministère du Transport de Tunisie

Le Ministère du Transport de Tunisie est en charge – entre autres attributions – de la définition, la mise en oeuvre et le suivi de la politique des transports du gouvernement tunisien pour établir , maintenir et développer un système de transport global, intégré et coordonné qui contribue à promouvoir le développement économique et social durable et assure la satisfaction des besoins de déplacement des personnes dans les meilleures conditions possibles. Le système de transport comprend les activités de transport et de circulation terrestres, maritimes et aériens, de la logistique, de la location des véhicules et de la météorologie.

Agence Française de Développement (AFD)

L’Agence Française de Développement (AFD) agit depuis soixante-dix ans pour lutter contre la pauvreté et  favoriser le développement dans les pays du Sud et dans l’Outre-mer. Au moyen de subventions, de prêts, de fonds de garantie ou de contrats de désendettement et de développement, elle finance des projets, des programmes et des études et accompagne ses partenaires du Sud dans le renforcement de leurs capacités.

Les transports constituent un secteur d’intervention traditionnel de l’AFD. Sur la période 2001-2005, l’Agence a mobilisé environ 164 M€ par an en moyenne pour la mise en œuvre de projets dans le secteur des transports (en incluant les projets de développement rural et urbain comportant des activités de transport).

MobiliseYourCity Partnership

Initiated by CODATU, MobiliseYourCity supports local governments in developing countries to plan sustainable urban mobility in order to develop more inclusive, liveable and economically efficient cities and reduce GHG emissions.

100 cities and 20 national governments will be engaged in deep transformational actions through the implementation of Sustainable Urban Mobility Plans (SUMP) supported by National Sustainable Urban Mobility Policies and Programmes (NUMP). MobiliseYourCity aims to assist cities in their efforts to cut at least 50% of their urban transport related emissions by 2050 compared to business as usual.

With the support of a coalition of international partners (development agencies, urban and transport planning agencies, NGOs and development banks), MobiliseYourCity provides a methodological framework, capacity building and technical assistance, and facilitates access to financing at both local and national levels. The partnership will set up an international reference platform to share best practices about sustainable urban mobility planning and implementation of SUMPs and NUMPs.

TRANSITEC

Fondé
en 1954, Transitec est le plus ancien bureau dans le domaine des déplacements en Suisse.

CEREMA – Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement

 Le
Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement www.cerema.fr ), établissement public de l’Etat à caractère administratif, rassemble 3000 experts et agents et comprend 11 directions techniques et régionales qui couvrent tout le territoire français. Centre de ressources et d’expertise scientifique et technique interdisciplinaire, ses actions promeuvent un développement durable des territoires et une économie décarbonée. Ses thématiques principales concernent l’espace public et son aménagement, la mobilité et les infrastructures de transport, l’environnement, l’efficacité énergétique, la maîtrise des risques et le bien-être environnemental de la population.

A ce titre, le Cerema déploie une part importante de ses activités sur les problématiques de la mobilité, des services de transport et des politiques de déplacement des voyageurs et des marchandises, en France mais aussi en Europe et à l’international vers les pays développés, en transition ou en développement.

Le Cerema est représenté auprès de la CODATU par son directeur technique territoires et ville.