Le transport terrestre au sommet de New York sur le Climat

Le transport terrestre au sommet de New York sur le Climat
Julien Allaire
TRANSITEC
Directeur des activités internationales
Ana Luisa Canal
CODATU
Chargée de mission Enjeux climatiques liés aux politiques de transport urbain
Actualité CODATU Mardi 30 Septembre 2014

Le
23 septembre 2014, s’est tenu, à New York, le Sommet du Climat organisé par le Secrétaire Général des Nations-unies Ban Ki-Moon. Ce sommet organisé en marge de l’Assemblée Générale annuelle des Nations Unies visait à mobiliser les États ainsi que l’ensemble des acteurs non étatiques avant COP20 qui se tiendra début décembre 2014 à Lima.

Le transport un secteur émetteur de solutions

A la recherche d’initiatives prometteuses pour engager une dynamique globale de réduction des émissions de gaz à effet de serre, cet événement permettait une approche plus sectorielle. A travers les propositions de différentes organisations internationales (UIC, UITP, UN-Habitat, etc.), les transports terrestres ont ainsi montré toute leur capacité à lutter contre le dérèglement climatique.

En fait, un constat est simple : l’objectif de 2°C ne pourra pas être atteint sans une contribution importante du secteur des transports.

D’ici 2030, il est prévu que les émissions de gaz à effet de serre soit multipliées par deux du fait de l’augmentation considérable de la demande de mobilité dans les pays en développement et de la croissance globale du parc automobile. En présentant des engagements volontaires, le secteur du transport a montré qu’il existe de réelles possibilités d’atteindre les objectifs de réduction des émissions :
– les engagements présentés en faveur du transport ferroviaire, du transport public urbain et des véhicules électriques démontrent qu’il est possible de diviser par deux d’ici 2025 l’empreinte carbone des déplacements de personnes et de marchandises.
– le passage à une mobilité urbaine à faible teneur en carbone peut réduire de 100 000 milliards de dollars d’ici 2050 les dépenses réalisées pour les déplacements quotidiens.

Un effort réaliste sur la mobilité urbaine

Michael Replogle (ITDP) et Lewis Fulton (UC Davis) ont publié un rapport, basé sur les prévisions de l’AIE, évaluant les réductions d’émissions de CO2 au niveau mondial dans le cas d’un investissement massif des villes dans des systèmes de transports multimodaux associant transport public, modes actifs et véhicules particuliers peu émetteurs.

En 2010, les déplacements dans les zones urbaines du monde entier représentent 2,3 gigatonnes de CO2 et ce chiffre devrait doubler d’ici 2050 dans un scénario au fil de l’eau, du fait de la rapide urbanisation dans les pays en développement (en Chine et en inde notamment). Ce rapport intitulé « Global High Shift Scenario » présente une perspective de réduction de 1,7 gigatonnes de CO2 annuellement d’ici 2050, ce qui représente une réduction de 40 % des émissions du transport de passagers.

Des initiatives prometteuses

Vous trouverez ci-dessous les différents engagements portés par les acteurs du transport ou de l’énergie qui s’inscrive dans une transformation du secteur du transport.

L’engagement des membres de l’UITP

 L’Union Internationale des Transports Publics (UITP) a appelé à la transformation du modèle afin de lutter efficacement contre le dérèglement climatique. La mobilisation de ses membres a permis de présenter 350 engagements qui prévoient l’amélioration des transports en commun pour ainsi doubler leur part de marché dans les dix années à venir. Pierre Mongin, président de la RATP a présenté les objectifs de la politique de transport en Ile-de-France et le nouveau modèle de développement de la RATP : plus efficace, moins émetteur et des services plus fiables afin d’améliorer la qualité de vie des populations.

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Le Challenge du transport ferroviaire à faible teneur en carbone

 L’Union Internationale des Chemins de Fer (UIC) a présenté l’engagement du secteur ferroviaire qui vise notamment à diviser par 2 les émissions de CO2 du secteur ferroviaire d’ici 2030 (par rapport à 1990) doubler sa part de marché sur le transport de passagers d’ici 2050 par rapport à l’année 2010. Il s’engage également à concurrencer la route pour le transport de marchandise en égalant la part de marché mondiale d’ici 2030. Si les engagements du secteur sont tenus et qu’il y a des investissements pour améliorer les réseaux et leur efficacité énergétique, il est possible de réduire significativement les émissions de CO2 (approximativement 1 gigatonne de CO2 pour 2050).

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L’initiative pour une mobilité électrique

 UN-Habitat a présenté l’Initiative pour une Mobilité Urbaine Electrique (UEMI) qui consiste à augmenter à 30 % la part des véhicules électriques (à 2, 3 ou 4 roues) en zone urbaine. Ce recours à la mobilité en véhicule électrique pour les déplacements de personnes et de marchandises, doit en même temps être accompagné de politiques de réduction de l’usage des modes de transports individuels motorisés afin de réduire de 30 % les émissions de CO2 dans les aires urbaines d’ici 2030. Joan Clos, le directeur général de UN-Habitat a ainsi rappelé que « les villes sont le moteur de la croissance économique et du développement social. Elles ont un rôle majeur dans la lutte contre le changement climatique ».

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L’initiative globale sur la consommation de carburant

 Cette initiative présentée notamment par la Fondation FIA souhaite diviser par deux la consommation de carburants des nouveaux véhicules d’ici 2030 et de l’ensemble du parc automobile d’ici 2050. Il s’agit en moyenne mondiale d’atteindre une consommation de 4l/100 km au lieu de 8l/100 km actuellement.

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Un plan d’action global pour un fret vert

Cette initiative porté par le la coalition pour le climat et un air pur, prévoit de renforcer les efforts dans le secteur du transport de marchandises afin de réduire les polluants locaux ayant un pouvoir réchauffant.

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