Coopération Technique Brésil – Les défis autour de la station Central do Brasil à Rio de Janeiro

Actualité CODATU Lundi 13 Novembre 2017

Cet atelier s’inscrit dans le cadre de la coopération technique animée par CODATU au Brésil. L’Agence Française de Développement (AFD) et le Gouvernement de l’Etat de Rio de Janeiro ont signé en avril 2015 un accord de coopération technique visant à accompagner l’Etat de Rio de Janeiro et les entités publiques dans la mise en œuvre des différents projets de mobilité urbaine, et dans l’amélioration des systèmes de transport public dans la Région Métropolitaine de Rio de Janeiro. CODATU et CEREMA sont les partenaires techniques dans cette coopération.

La station Central do Brasil est le hub de passagers de la Région Métropolitaine de Rio de Janeiro et se situe dans le centre-ville de Rio de Janeiro. On estime entre 600 000 et 800 000 personnes par jour passant par la station, qui est desservie par (i) l’ensemble des cinq lignes de train de banlieue, (ii) les Lignes 1 et 2 du métro, (iii) un terminal de bus municipal, (iv) un terminal de bus métropolitain, qui pourrait faire place à un terminal BRT, (v) la Ligne 2 du tramway et (vi) le téléphérique du Morro da Providência (inopérant depuis fin 2016). La richesse portée par la présence de différents modes de transport est contrastée par un manque de signalisation et la présence d’obstacles physiques qui rendent plus difficile l’intégration entre les modes.

La Central do Brasil est inscrite dans le périmètre d’intervention de l’opération urbaine Porto Maravilha, un partenariat public-privé (PPP) pour l’aménagement urbain de la zone portuaire du Rio de Janeiro. Pourtant, jusqu’à présent peu de projets sont prévus dans le périmètre de la gare.

Le quartier de la gare porte une grande importance historique et culturelle pour la ville de Rio de Janeiro. La favela la plus ancienne de la ville, la Providência, est située sur une colline à quelques mètres de la station. De plus, la proclamation de la République brésilienne a eu lieu sur une place située en face de la station. Néanmoins, aujourd’hui cette place, nommée Campo de Santana ou Place de la République, est séparée de la Central do Brasil par une autoroute urbaine de deux fois huit voies, l’Av. Presidente Vargas.

Par ailleurs, plusieurs bâtiments classés sont présents dans le périmètre de la gare, toutefois plusieurs se trouvent mal entretenus. En ce qui concerne les commerces, on constate un grand nombre de commerces informels et de vendeurs ambulants. Globalement, la présence de mendiants et de toxicomanes autour de la gare engendre une sensation d’insécurité, ce qui serait l’un des freins aux investissements dans la zone.

En ce qui concerne la gouvernance, on constate la présence de nombreux acteurs de différents échelons publics et privés qui ne sont pas très bien coordonnés, ayant jusqu’à présent des intérêts divergents. Il s’agit d’un problème majeur qui empêche de faire face à tous les défis autour de la gare Central do Brasil.

Un atelier pour discuter le futur de la gare

Afin d’établir un diagnostic commun de la situation actuelle et une vision future partagée par les différents acteurs, la CODATU a organisé un atelier les 28 et 29 septembre 2017, avec la participation d’Andreas Heym d’AREP, entreprise spécialisée dans la rénovation des gares et du réaménagement urbain, et Marine Millot du CEREMA, institution publique française de recherche spécialisée, entre autres, dans les pôles d’échanges modaux. Environ 40 personnes de différentes structures publiques et privées ont participé à cet atelier.

Après que les spécialistes aient présenté leur vision extérieure sur la gare, des concepts d’intégration modale et d’exemples de rénovation urbaine et de gares en France et à travers le monde, un travail en groupe a été mené pour établir un diagnostic sur six sujets principaux pour le secteur : sécurité et ordre, action sociale, activités économiques, intégration des modes de transport, planification de l’usage du sol et écologie urbaine. L’exercice a permis d’identifier les points faibles et les potentialités sur chaque thématique.

Ensuite, sur la base de ces diagnostics, les participants ont proposé le rôle de la Central do Brasil sur trois échelles dans dix ans : l’échelle métropolitaine, l’échelle du quartier (centre historique) et l’échelle de la station. Sur chaque échelle trois idées sont ressorties en particulier :

  1. Échelle métropolitaine : la création de nouvelles centralités et le renforcement des centralités existantes afin de soulager les flux quotidiens vers la Central do Brasil, sans toutefois vider le centre historique ;
  2. Échelle du quartier : le développement urbain doit se réaliser autour du piéton et de la réduction de la place de l’automobile.La lutte contre la criminalité et la promotion de projets sociaux de longue durée pourraient aider à rétablir la sécurité du quartier de la gare ;
  3. Échelle de la station : l’amélioration de l’intégration des modes de transport à travers des études de flux et la création d’une identité visuelle unique pour tous les modes.

Les idées présentées par les différents groupes issus de différents milieux sont complémentaires et convergent à un avenir commun.

Les discussions qui ont eu lieu à l’occasion de ce premier atelier serviront de données d’entrée aux prochaines activités de la coopération technique. Le prochain atelier est prévu au premier trimestre 2018.

>> Rapport complet de l’atelier (bientôt disponible) <<

Partenaires associés

Agence Française de Développement (AFD)

L’Agence Française de Développement (AFD) agit depuis soixante-dix ans pour lutter contre la pauvreté et  favoriser le développement dans les pays du Sud et dans l’Outre-mer. Au moyen de subventions, de prêts, de fonds de garantie ou de contrats de désendettement et de développement, elle finance des projets, des programmes et des études et accompagne ses partenaires du Sud dans le renforcement de leurs capacités.

Les transports constituent un secteur d’intervention traditionnel de l’AFD. Sur la période 2001-2005, l’Agence a mobilisé environ 164 M€ par an en moyenne pour la mise en œuvre de projets dans le secteur des transports (en incluant les projets de développement rural et urbain comportant des activités de transport).

CEREMA – Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement

 Le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement www.cerema.fr ), établissement public de l’Etat à caractère administratif, rassemble 3000 experts et agents et comprend 11 directions techniques et régionales qui couvrent tout le territoire français. Centre de ressources et d’expertise scientifique et technique interdisciplinaire, ses actions promeuvent un développement durable des territoires et une économie décarbonée. Ses thématiques principales concernent l’espace public et son aménagement, la mobilité et les infrastructures de transport, l’environnement, l’efficacité énergétique, la maîtrise des risques et le bien-être environnemental de la population.

A ce titre, le Cerema déploie une part importante de ses activités sur les problématiques de la mobilité, des services de transport et des politiques de déplacement des voyageurs et des marchandises, en France mais aussi en Europe et à l’international vers les pays développés, en transition ou en développement.

Le Cerema est représenté auprès de la CODATU par son directeur technique territoires et ville.

 

Governo do Estado do Rio de Janeiro

La planification et la gestion des transports urbains de la Région Métropolitaine du Rio de Janeiro sont sous la responsabilité du Secrétariat d’État aux Transports (SETRANS), de l’Agence Régulatrice des Services Publics Concédés de Transport Maritime, Ferroviaire et Routier de l’Etat de Rio de Janeiro (AGETRANSP) et de la Chambre Métropolitaine, attachés au Gouvernement de l’État du Rio de Janeiro.

STIF (Syndicat des Transports d’Ile de France)

Le STIF organise, coordonne et finance les transports publics de voyageurs en Ile-de-France, qui sont assurés par la RATP, la SNCF Transilien et des entreprises de bus privées, regroupées dans l’association OPTILE.