| Codatu
VII en 1996 à New Delhi (Inde)
Thème de la conférence
: "Transports
urbains dans les pays en développement"
Discours de Richard DARBERA, Co-Président
du Comité Scientifique de la conférence CODATU
VII
Les villes, et particulièrement
les grandes villes, sont le lieu principal du développement
économique. C’est donc de leur efficacité
intrinsèque que dépend largement le développement
du pays. L’efficacité d’une ville c’est
l’efficacité de ses marchés : de son marché
de l’emploi et de son marché des biens.
Plus le marché de l’emploi est grand, meilleure
est l’adéquation entre la demande et l’offre
des différentes qualifications, plus facile est la
mobilisation d’importantes quantités de main
d’œuvre pour la production de masse, plus rapide
est l’adaptation aux grands changements dans le système
productif. Or la taille du marché, ou plutôt
des marchés de l’emploi d’une ville ne
tient pas qu’à la taille de la ville, elle tient
aussi et surtout à la fluidité, à la
variété et à l’efficacité
de ses transports de voyageurs. Une grande ville sans transports
n’est qu’une juxtaposition de petits marchés,
où dominent l’artisanat et le travail à
domicile.
De même, la taille des marchés de biens et de
produits d’une ville dépend de son intégration
dans les réseaux de transports régionaux, nationaux
et internationaux, mais aussi de la facilité des transports
de marchandises dans la ville même. L’accès
des entreprises aux biens intermédiaires et aux services,
l’accès des marchés de détail,
engendrent des flux importants de marchandises qui posent
des problèmes de circulation, de stationnement pour
les livraisons qui non seulement sont des coûts pour
les entreprises mais entraînent aussi des coûts
bien plus importants pour le trafic de voyageurs.
Quel est le rôle du transport urbain dans le développement
économique des villes et du pays ? Comment faciliter
ce rôle, organiser la complémentarité
des divers modes et assurer la cohérence des politiques
de transports et des politiques de développement urbain
? L’objectif de cette CODATU est de confronter les idées
et les expériences susceptibles d’apporter des
réponses à ces questions. Les contributions
assemblées dans cette publication en témoignent.
Cette publication comprend six parties :
Dans la partie 1 :
"Intégration de la planification
urbaine et de la planification des transports", la plupart
des contributions montrent l’étroite relation
qui se noue spontanément entre offre de transport et
forme urbaine, et plusieurs d’entre elles, fondées
sur des expériences, recommandent des approches stratégiques
qui intègrent planification des transports et planification
urbaine.
Dans
la partie 2 : "Economie et Financement des transports",
plusieurs contributions analysent l’influence des politiques
de transport sur la création des richesses et sur leur
redistribution. Le problème est : comment financer
ces politiques de transport ? Des expériences tirées
des quatre coins du monde, en particulier dans le cas des
grands projets de transports urbains, montrent que des solutions
sont possibles.
Les
contributions regroupées dans la partie 3 :
"Demande de déplacements", peuvent être
séparées en deux groupes selon qu’elles
cherchent à prévoir la demande de transport,
généralement par le moyen de la modélisation
ou selon qu’elles proposent des politiques d’urbanisme
ou de transport pour influencer et redistribuer la mobilité.
La
plupart des contributions regroupées dans la partie
4 : "Améliorer le rôle des transports
publics et des autres modes" s’intéressent
aux transports collectifs : soit par le biais des problèmes
de la régulation de la concurrence dans le secteur,
soit pour proposer des solutions pour améliorer la
productivité des entreprises. D’autres contributions
s’intéressent au rôle effectivement (ou
potentiellement) important des modes non motorisés.
Enfin les autres contributions s’intéressent
à la complémentarité entre modes et à
leur hiérarchisation dans la perspective du "développement
durable".
Dans
la partie 5 : "Approche institutionnelle des transports
urbains", les contributions soulignent l’importance
du cadre institutionnel dans la planification ou dans la gestion
du système de transport au niveau métropolitain
ou dans la coordination des services de transport public.
Des solutions sont proposées ou des expériences
sont décrites qui cherchent à améliorer
ce cadre institutionnel par l’éducation, la création
administrative ou la recherche.
Les
contributions regroupées dans la partie 6 :
"Gestion de la circulation et problèmes environnementaux",
bien que complémentaires sont, de deux types distincts
: les unes analysent les impacts sur la pollution atmosphérique,
la congestion ou les accidents de différents modes
ou de différentes politiques de transports, les autres
évaluent ou proposent divers instruments techniques
pour améliorer la circulation.
Par leur grande diversité
les contributions regroupées dans ces actes couvrent
un champ très large. Pourtant elles ne reflètent
pas entièrement la richesse de la conférence,
d’abord parce que certaines contributions n’ont
pu être intégrées dans le volume parce
qu’elles sont parvenues trop tard ou parce qu’elles
étaient présentées selon un format trop
éloigné des recommandations envoyées
aux auteurs pour qu’il soit possible de les inclure
à un coût raisonnable ; mais surtout parce que
la richesse de la conférence tient aussi à la
qualité des discussions qui suivent les présentations
et à l’intensité des échanges que
ne manquent pas de susciter les tables rondes organisées
pendant la conférence. |