Auteurs :

Adrien Lammoglia -Doctorant ,UMR ESPACE 7300 CNRS , Université d’Avignon et des Pays du Vaucluse,

Roger Marcelin Faye – Maître de Conférences,LTI, École Supérieure Polytechnique,  SENEGAL

Didier Josselin – Directeur de Recherche,UMR ESPACE 7300 CNRS, Université d’Avignon et des Pays du Vaucluse,  FRANCE –

Résumé :

À Dakar, au Sénégal, les taxis clandestins (appelés communément clandos) font partie intégrale de l’offre de transport. En banlieue, leur part de clientèle est importante, car le taux de motorisation y est plus faible, la densité de population est relativement élevée, tandis que l’offre de transport est moins dense (malgré le développement récent du réseau de minibus de l’AFTU). En ville, ces taxis circulent soit sur les grands axes (ils se placent en concurrence); soit sur des trajets mal desservis par les autres modes (ils se placent alors en complémentarité). Le taxi clando se démarque par son bas prix (comparé à un taxi légal), son confort relatif, et sa rapidité de déplacement (comparé aux bus). Ce sont des taxis collectifs (fonctionnant avec des taux de remplissage proches de 100 %) ce qui fait leur particularité comparée aux taxis légaux et aux taxis clandestins français.
En France, le transport à la demande (TAD) a connu un réel développement depuis 10 ans. Il est aujourd’hui reconnu comme une offre de transport alternative. Un transport à la demande est organisé par une autorité organisatrice de transport. C’est un transport collectif (voiture ou minibus), qui circule seulement sur demande. Il existe plusieurs formes de TAD, et certains d’entre eux sont optimisés en fonction de divers critères (coûts, temps de trajet, etc.) pour mieux s’adapter aux besoins de mobilité.
Cet article se focalise sur les taxis clandos, l’enjeu étant de révéler les points forts (taux de remplissage, adaptation aux besoins de mobilité, etc.), mais aussi les points faibles (sécurité, fiabilité, etc.). Grâce à cette analyse fonctionnelle, nous montrons qu’il est intéressant de confronter leur fonctionnement auto-organisé avec les TAD français, l’objectif étant d’améliorer l’efficacité des deux modes en fonction des contraintes sociétales. La place des taxis clandestins étant aujourd’hui une question sensible pour les politiques de transport, nous proposons en conclusion des pistes de réflexion quant à la gestion de ces taxis par les autorités locales et à l’avenir de ce type de transport au sein du système de mobilité dakarois.