Entretien avec Gado Mayimbo, ancien étudiant du Master « Transport et mobilité durable dans les villes africaines » de Lomé

Actualité CODATU Vendredi 1 Février 2019

Après un Master en « Géographie urbaine, urbanisme et aménagement » à l’Université de Lomé, Gado Mayimbo intègre la Société des Transports de Lomé (SOTRAL) en tant qu’assistant responsable du service exploitation avant d’être nommé chargé d’études et statistiques. Souhaitant développer ses compétences et se spécialiser en matière de transport, il s’est inscrit, en parallèle de son travail à la SOTRAL, au Master « Transport et mobilité durable dans les villes africaines » lancé par CODATU en partenariat avec l’EAMAU (Ecole Africaine des Métiers de l’Architecture et de l’Urbanisme).

A l’issue de son stage à la Société de Transport de l’Agglomération Stéphanoise (STAS), une rencontre à CODATU a permis de faire un retour sur le Master et sur son expérience de stage.

CODATU : Pouvez-vous nous dire quelques mots sur le Master CODATU « Transport et mobilité durable dans les villes africaines » que vous avez suivi ?

Gado Mayimbo : Ce qui m’a plu, c’est d’abord que les enseignants viennent d’horizons divers et sont très qualifiés. La pédagogie employée, les visites de terrain et les cas d’études nous ont permis d’acquérir de l’expérience. Les présentations faites à l’issue des visites nous ont aussi aidés à développer nos capacités orales.

CODATU : Auriez-vous des idées pour améliorer le Master ?

Gado Mayimbo : Il pourrait être intéressant d’intégrer d’autres cours ou formations relatives au droit des transports, à la gestion des relations (avec les employés ou les partenaires sociaux, la gestion des grèves…) ou au management, étant donné que la formation a pour ambition de former des cadres. Ces outils supplémentaires permettraient aux étudiants de mieux affronter les défis éventuels qui se présenteront par la suite. Une deuxième piste d’amélioration serait que le volume de cours soit moins condensé mais plus étalé dans le temps pour mieux développer des notions comme la gestion de la circulation, la sécurité routière…

CODATU :  Vous avez fait votre stage auprès de la Société de Transport de l’Agglomération Stéphanoise (STAS)? Quel était l’objet de votre mission ?

Gado Mayimbo : J’avais deux thématiques de mission. L’une était l’analyse diagnostic de l’information voyageur et des pratiques de régulation appliquées sur le réseau de tramway. L’autre partie était la qualité et l’analyse des données de ponctualité dans le but de proposer un baromètre de solutions pour restructurer les temps de parcours. Pour ce faire, j’ai testé les différents outils renseignant les données de ponctualité pour déterminer celui qui était le plus conforme avec la réalité.

CODATU :  Et quels résultats avez-vous obtenus ? Avez-vous réussi à élaborer votre baromètre ?

Gado Mayimbo : J’ai analysé trois lignes sur une durée de 10 mois, de septembre 2017 à juin 2018. J’ai extrait les données de la base SAE pour en faire un tableau croisé dynamique et après analyse, j’ai pu voir par exemple que sur certaines lignes, le temps de parcours affecté aux créneaux horaires n’était pas adapté et qu’il en résultait des avances et des retards plus ou moins prononcés, même aux heures creuses. J’ai ensuite fait une proposition de restructuration des temps de parcours en fonction des différents créneaux horaires.

CODATU : Avez-vous rencontré des difficultés particulières lors de votre stage ?

Gado Mayimbo : Une de mes difficultés a été l’intégration ; c’était ma première expérience en France. Mais ayant le contact facile, je me suis rapidement adapté.

J’ai aussi mis du temps à cerner les outils que je devais utiliser mais j’ai été bien entouré. La structure a été très accueillante, les rapports étaient marqués par un esprit d’équipe et beaucoup de convivialité. De mon côté, je suis toujours resté souriant, ouvert et intéressé, ce qui m’a permis d’aller au-delà de mes thèmes de stage. J’ai été en effet impliqué dans un certain nombre d’activités qui n’avaient pas de lien direct avec mes missions : j’ai collaboré avec le service travaux, le service fraude…et ai ainsi pu me construire une vue d’ensemble très utile pour ma carrière professionnelle.

CODATU : Suite à votre expérience de stage, avec quelles pistes d’amélioration pour la SOTRAL revenez-vous à Lomé ?

Gado Mayimbo : À Lomé nous pourrions par exemple revoir la façon dont nous avons défini les fiches horaires, en tenant compte des caractéristiques des lignes suivant les secteurs concernés et leur congestion. Je pense aussi faire diverses propositions aux responsables des différents services, comme au niveau de la fraude par exemple, en revoyant les effectifs de contrôleurs et en développant les contrôles inoppinés. Pour des économies de ressources humaines et de temps de travail, nous pourrions aussi penser un système de billettique automatique.

CODATU : Quel bilan et enseignements tirez-vous de votre expérience ?

Gado Mayimbo : Sur le plan technique, je comprends mieux tous les aspects relatifs à la ponctualité, à l’information voyageur et aussi à la régulation. En ce qui concerne l’aménagement, comme nous pouvons le voir à Saint-Étienne, le vallonnement d’une ville et l’étroitesse de ses infrastructures ne sont pas un frein au développement de ses transports. Nous sommes donc appelés à faire mieux en Afrique, où l’infrastructure est encore trop souvent synonyme de grande emprise et de large voirie.

Le rôle d’une autorité organisatrice est aussi déterminant pour assurer une bonne qualité de service. J’ai été en contact avec le service qualité pour comprendre comment ils ont structuré la démarche contractuelle et comment ils ont défini les critères de qualité de service, que j’ai trouvés très pertinents et qui pourraient, dans un contexte d’adaptation, être utiles dans mon pays.

Enfin, sur le plan humain, j’ai compris qu’il est important de développer des aptitudes qui permettent de s’intégrer facilement, comme être toujours de bonne humeur, ce qui facilite la communication, ou comme développer un esprit curieux pour aller au-delà des missions qui nous sont confiées et pour acquérir des compétences de bases sur d’autres aspects.

Dans le cadre du Master « Transport et mobilité durable dans les villes africaines »  (Promotion 2017-2018), Gado Mayimbo a soutenu avec succès son mémoire : « La qualité de service des transports de la SOTRAL » : analyse et propositions fonctionnelles ». Accéder à son mémoire ici. 

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EAMAU – Ecole Africaine des Métiers de l’Architecture et de l’Urbanisme

Présentation
et histoire

L’EAMAU, basée à Lomé au Togo est une institution inter-états d’enseignement supérieur et de recherche. Elle fut fondée par une résolution du sommet des Chefs d’Etats de l’OCAM en 1975, à la suite d’une étude de l’UNESCO sur la nécessité effective d’une institution de formation en architecture et urbanisme, au bénéfice des Etats africains en pleine croissance urbaine.

L’EAMAU est :

  • pôle d’excellence régional de l’Agence Universitaire de la Francophonie depuis 2004
  • partenaire de l’Union Internationale des Architectes (UIA) et de l’Union Africaine des Architectes depuis 2005
  • centre d’excellence régional de l’UEMOA depuis 2006
  • membre de l’Association pour la Promotion de l’Enseignement et de la Recherche en Aménagement et en Urbanisme (APERAU) depuis 2007

Pays Membres

A ce jour, le service de l’EAMAU en formation, recherche et expertise urbaine s’étend sur 14 pays d’Afrique francophone au Sud du Sahara.

Pour l’Afrique de l’Ouest
BENIN, BURKINA FASO, COTE D’IVOIRE, GUINEE BISSAU, MALI, NIGER, SENEGAL, TOGO

Pour l’Afrique Centrale
CAMEROUN, CENTRAFRIQUE, CONGO, GABON, GUINEE EQUATORIALE, TCHAD.

 

Pour en savoir plus: http://www.eamau.org/