Déclaration de Varsovie « Sur le développement des transports durables à faible teneur en carbone » 17 Novembre 2013

Déclaration de Varsovie  « Sur le développement des transports durables à faible teneur en carbone »  17 Novembre 2013
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Julien Allaire
TRANSITEC
Directeur des activités internationales
Actualité CODATU Lundi 18 Novembre 2013

La
Déclaration de Varsovie a été formellement adoptée lors de la Journée du Transport 2013, le principal événement sur les transports et le changement climatique en marge de la COP 19 à Varsovie, en Pologne. Cette déclaration, approuvée par CODATU, donne de la voix pour mettre en oeuvre un transport durable à faible teneur en carbone et le transport durable.

Nous, soussignés, représentants de pays, de gouvernements, des organisations internationales, des organismes bilatéraux et multilatéraux, la société civile, entreprises, organismes de recherche, et les participants réunis à Varsovie-Pologne, le 17 novembre 2013 à l’occasion de la tenue de la journée du transport plaidons « pour un développement des transports durables à faible teneur en carbone ».

(1) Nous affirmons en nous inspirant des forums régionaux et des déclarations antérieures abordant la problématique du transport durable à faible teneur en carbone et des activités connexes (santé, transport) à savoir: les conclusions d’Aichi (2005), la Déclaration de Bellagio  (2009), la Déclaration d’Amsterdam (2009), la Déclaration de Bangkok (2010) la Déclaration de Bogotá (2011), et la  Déclaration de Bali (2013),

(2) Nous constatons l’augmentation continue des émissions de gaz à effet de serre (GES) du transport dans le monde entier, les prévisions d’augmentation résultant de l’accroissement aussi bien de la voiture particulière que du transport de marchandises, et le besoin d’améliorer les politiques actuelles et les programmes d’investissement des Parties de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) pour la réduction des émissions de CO2 et de noir de carbone du transport terrestre.

(3) Nous invitons donc les parties à développer et renforcer les instruments politiques adaptés les mesures financières attractive, les capacités institutionnelles et les stratégies pour promouvoir le transport durable à faible teneur en carbone comme un élément du cadre international en évolution pour à la fois l’attenuation et l’adaptation au changement climatique.

(4) Nous demandons aux Parties de prendre acte de la possibilité d’un excellent rapport coût-efficacité ou dans certains cas d’un coût négatif de réductions des émissions dans le secteur du transport terrestre à travers des approches intégrées qui procurent des avantages environnementaux soutenant le développement durable, la prospérité partagée et une plus grande équité. Nous observons particulièrement que les femmes et la jeunesse sont actuellement défavorisées dans l’accès au transport durable.

(5) Nous invitons les Parties à adopter une approche intégrée, à promouvoir un transport durable, par la réduction des émissions conformément au seuil fixé à 2°C dans les scénario de limitation du réchauffement climatique et d’offrir  des avantages significatifs et largement partagés nécessaires à l’atteinte des objectifs mondiaux de développement durable (ODD) ci-après :

a. Réduction drastique du nombre de décès et de blessés causés par les accidents de la route et amélioration de la santé humaine par la diminution de la pollution de l’air et des nuisances sonores.

b. Élargissement de l’accès, par le transport durable aux emplois, aux marchés, aux services de santé, d’éducation, d’eau potable…) dans l’optique d’éradiquer la pauvreté extrême.

c. Réduction des impacts économiques négatifs de la congestion routière et amplification de la croissance économique durable à travers une fiabilité des systèmes de transport.

d. Réduction des dépenses globales requises pour les infrastructures de transports routiers, les véhicules motorisés, les carburants, et élimination des subventions aux énergies fossiles, tout en soutenant la croissance démographique et l’activité économique. L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) estime qu’il est possible de réduire les dépenses d’infrastructures de 20 000 milliards de dollars USD et les dépenses de véhicules et de carburant de 30 000 milliards de dollars USD d’ici 2050 en réorientant le transport terrestre vers une trajectoire durable et à faible teneur en carbone; en améliorant le transport public, promouvant les modes de transport non motorisés, le fret et la logistique urbaine, l’accès des populations pauvres aux services sociaux essentiels.

(6) Nous encourageons les Parties et les autres acteurs à faire progresser les travaux sur le lien entre transport et énergie. Ceci nécessitera donc l’adoption de stratégies pour le développement de transport à faible teneur en carbone, soutenues par des financement, du renforcement de capacité et de nouveaux mécanismes favorisant le transfert de technologie répondant à un nouveau paradigme pour le transport à faible teneur en carbone. Les  stratégies ayant un fort rapport coût-efficacité voire  des stratégies sans carbone peuvent être structuré par le biais des mesures d’atténuation adaptées au contexte national « MAAN » dans l’optique d’assurer un développement durable et une résilience au changement climatique des systèmes de transport.

(7) Nous encourageons les Parties de la 19ème Conférence des Nations Unies sur le changement climatique à agir rapidement dans l’optique de :

a. Renforcer les engagements pris par les pays développer pour atténuer les émissions de gaz à effet de serre (GHG) d’ici l’horizon 2020 dans le secteur du transport terrestre ;

b. Encourager et soutenir les pays en développement à adopter les politiques de développement durable ;

c. Explorer les pistes tendant à renforcer les incitations financières, dont les « MAAN » ainsi que d’autres moyens de mise en oeuvre pour débloquer le potentiel d’atténuation en sommeil, réduire les émissions de noir de carbone et répondre aux besoins d’adaptation et de transformation des mécanismes de financement climatique conventionnelles qui ont été sous-utilisés dans le secteur des transports terrestres ;

d. Réaffirmer le soutien sans faille aux mesures complémentaires prises dans d’autres instances multilatérales pour réduire les émissions, particulièrement pour supprimer les subventions aux combustibles fossiles, d’améliorer l’efficacité des véhicules, éliminer les HFC, réduire les émissions de l’aviation et le transport maritime international, et développer les objectifs de développement post-2015 soutenant des stratégies de transport durable et de développement à faible intensité en carbone, y compris le climat Sommet du Secrétaire général de l’ONU prévue pour Septembre 2014.

e. Fournir un financement à long terme du mécanisme technologique et le Climate Technology Centre and Network (CTCN) et aider à la préparation de « Technology Needs Assessments and Road maps » qui apporteront durablement les plus grands et les plus rapides réductions des émissions et convenir d’un processus qui fournirait un plan d’action mondial de la technologie en 2015 pour le transport terrestre.

La finalité étant de : réduire les fumées nocives, tel que le combustible fossile, supprimer progressivement le « HFCS », réduire la pollution atmosphérique et maritime, afin de développer à partir de l’horizon 2015 des stratégies de développement du transport à faible émission de carbone. Stratégies devant examiner lors de la tenue du Sommet des Nations-Unies sur le Climat prévu en septembre 2014.
e. Prévoir des financements en vue de la mise en place d’un réseau et d’un centre d’observation de l’évolution du climat, ainsi que les mécanismes d’évaluation du changement climatique. Le processus de mise en place d’une telle structure ne saurait se faire sans l’adoption d’un plan d’action global de réorientation du transport terrestre d’ici 2015.

(8) Nous appelons les parties à veiller à ce que, dans le cadre post-2015 sur le climat, il y ait des incitations appropriées (financières et autres) pour garantir que le transport joue un rôle de premier plan dans des objectifs nationaux d’émission, les stratégies de développement sobres en carbone, MAAN, le transfert de technologie et d’autres options pour faire face aux émissions croissantes de transport terrestre.

Nous affirmons la nécessité d’un accord ambitieux sur le changement climatique en 2015, qui réalise pleinement le potentiel d’atténuation du secteur des transports terrestres, la réduction des émissions de CO2 et de noir de carbone sans compromettre le rôle du secteur des transports dans le développement.

Nous déclarons notre engagement à travailler ensemble pour permettre une accessibilité sûre, propre, et abordable pour tous sur la base de cette Déclaration de Varsovie sur le transport à faible teneur en carbone et le développement durable.

Cette déclaration est également disponible en espagnol, en portuguais et en chinois sur le site de SLoCat à cette adresse.

Si vous souhaitez signer cette déclaration à titre individuel ou au nom de votre organisation, vous pouvez le faire à cette adresse.

Partenaires associés

SUSTAINABLE LOW-CARBON TRANSPORT (SLoCaT)

Initiative
lancée en 2009 suite à la Déclaration de Bellagio sur les Transports et le Changement Climatique avec un double objectif:

– Améliorer la connaissance sur les systèmes et modes de transport soutenable et faibles émetteurs de carbone,

– Guider la prise de décision politique et fournir de l’expertise pour la mise en place de nouveaux systèmes de mobilité terrestre.

Cette initiative compte aujourd’hui puis de 90 partenaires internationaux, des agences des Nations Unies, des banques de développement, des agences de coopération technique, des organisations non gouvernementales, des instituts de recherche entre autres.

Grâce à l’étendu de son réseau, SLoCaT promue l’évolution vers les systèmes de transport terrestre soutenable et ce principalement dans les pays en développement et économies émergentes. De plus, l’initiative oriente son action pour inciter la prise en compte du secteur des transports dans le cadre des négociations internationales sur le climat. Par ailleurs, cette initiative travaille en étroite collaboration avec BtG dans l’organisation de la Journée du Transport (« Transport Day« )  organisé en parallèle aux Conférences des Parties (COPs).

BRIDGING THE GAP

 

Bridging the Gap

Initiative
crée en 2009 lors de la Conférence des Parties en Pologne (COP14) par un ensemble d’institutions voulant renforcer le lien entre les transports terrestres et le climat.

Son objectif est de renforcer la reconnaissance du lien entre les transports terrestres et le changement climatique afin que ce secteur soit intégré aux politiques de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans le prochain accord sur le climat qui sera négocié en fin 2015 pour la période post-2020. En attendant cet accord, BtG assure son positionnement en incitant les actions qui font apparaitre le lien transport-climat et en promouvant la réduction de l’écart des politiques sectorielles.

Bridging the Gap compte actuellement avec huit partenaires internationaux: CODATU, GIZ, TRL, Transdev, UITP, ITDP, The Korea Transport Institution et le Wuppertal Institute. Par ailleurs, BtG travaille en étroite collaboration avec SLoCaT notamment dans le cadre de la Journée du Transport, événement organisé en parallèle aux Conférences des Parties (COPs).