[Compte-rendu webinar #6] Smart Mobility : tirer parti des innovations actuelles

[Compte-rendu webinar #6] Smart Mobility : tirer parti des innovations actuelles
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CODATU
Chargé de coopération Egypte
Héloïse CHAUMIER
CODATU
Chargée de projet & communication / Communication & project manager
Actualité CODATU Lundi 1 Octobre 2018

Retour sur le 6ème webinar de la « Communauté de Pratiques pour le Transport Urbain Durable en Méditerranée » du CMI, ayant eu lieu le 05 septembre 2018. Cette communauté de pratique – animée par CODATU – a pour objectif de promouvoir l’apprentissage collaboratif concernant la mobilité urbaine durable dans les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord.

Le webinar a permis, à travers un synthétique tour d’horizon du thème de la Smart Mobility, d’évoquer certains enjeux actuels et de mettre en évidence ce qui pourrait être « l’intelligent » dans cette mobilité ! Il en est notamment ressorti, qu’avant d’être seulement technique, le « smart » est surtout organisationnel et collectif.

Les auditeurs ont pu se connecter à distance pour entendre Julien de Labaca, consultant en nouvelles mobilités, et échanger avec lui.

La Smart Mobility : ce qui se passe actuellement

La consommation de la multitude : le pouvoir de « smartphone + géolocalisation »

Du vélo partagé à la voiture autonome, un premier constat fait ressortir une diversification et une pluralité dans l’offre de transport. Mais en regardant de plus près, celle-ci n’est en somme que le résultat d’une évolution, d’une hybridation et de la déclinaison d’offres déjà existantes. En s’appuyant sur la présence des nouvelles technologies du numérique et plus particulièrement le duo : smartphone + géolocalisation, de nouveaux services ont été développés tels que Uber, BlaBlacar mais aussi des plateformes d’informations multimodales[1] telles que Citymapper, pour profiter de la diversité d’offre existante. Aujourd’hui, même le paiement devient plus simple : après les cartes sans contact, la dématérialisation avec le smartphone, c’est avec l’Open payment (carte bancaire en tant que titre de transport) que l’on peut « consommer » l’offre de transport. L’enjeu dans tout cela ? l’intégration de ces différentes fonctions dans un dispositif qui permettra une dématérialisation à la fois de l’information, la consommation et le paiement (on parle aussi de Mobility as a Service, MaaS[2]). Ces éléments soulèvent bien entendu la question de la donnée, mais aussi de la norme, des dispositifs de back office bancaires[3] et des standards de paiement.

Les nouveaux géants de la mobilité numérique et nouvelles stratégies

Dans ce nouveau paysage de la mobilité, de nouveaux géants émergent tels que Uber ou DiDi, qui font concurrence aux grandes entreprises du transport (que l’on appelle aussi les MOLTS, pour Multinational Operators for Local Transport Services) tels que Keolis, Transdev, Arriva…etc. Les nouveaux arrivants rivalisent avec les anciens en termes de chiffre d’affaires et d’importance sur les marchés boursiers malgré leur création récente.

Ces géants adoptent également une nouvelle stratégie basée sur la digitalisation et la donnée : collecter, traiter, voire créer de la donnée et créer le système qui donne accès à ces mêmes données, ou autrement appelé : la plateformisation. Un exemple récent de cette démarche est la plateforme COORD. Celle-ci digitalise, au travers des systèmes automatiques, les parkings, les emplacements des bornes de vélos, l’offre de transport et même les trottoirs, afin que les collectivités puissent se servir de ces données à l’avenir.

Comment tirer parti des innovations actuelles pour les appliquer à sa politique de mobilité

Une culture de base :  savoir optimiser l’existant et comprendre le lien territoire-numérique

Trois éléments de base peuvent être pris en compte lors de la réalisation de projets relatifs à la Smart Mobility.

  • Optimiser les infrastructures existantes pour leur donner de nouvelles fonctions, telles que des voies réservées pour le covoiturage ou la modulation des gares de façon plus intéressante avec le numérique.
  • Optimiser les usages: le covoiturage permet un meilleur taux de remplissage, l’autopartage un meilleur taux d’usage, des idées que l’on peut aussi imaginer et retravailler pour les transports en commun. Ceci en faisant également appel à de nouveaux métiers : designers, ergonomes, designers d’espace…Etc.
  • Comprendre le lien territoire/numérique et établir la connexion entre les deux au travers d’une collaboration des acteurs locaux et des collectivités avec les développeurs et les nouveaux acteurs de la mobilité numérique.

Une philosophie d’intervention : le transport, un service parmi d’autres

Grâce à l’intégration par le numérique, on peut aujourd’hui « consommer » le service transport comme d’autres services administratifs ou municipaux. Par exemple, la carte Korrigo en région Bretagne, permet l’accès à différents services communaux en plus du transport. Cela souligne aussi le besoin de normes techniques, de standards susceptibles d’être reproduits ailleurs.

L’expérience client comme un angle omniprésent

L’usager n’est pas non plus absent de la réflexion et doit être positionné au centre de celle-ci, car les opérateurs ont aujourd’hui compris qu’il est important de considérer le service transport à partir de la vision et de l’expérience client. Ainsi, il ne suffit pas de proposer des solutions numériques, mais de faire en sorte qu’elles soient plus ergonomiques, plus faciles d’utilisation et plus accessibles.

Se lancer…

Enfin, de quelle manière peut-on agir dans ce nouveau paysage d’acteurs ? Plusieurs scénarios sont possibles (et complémentaires) :

1 // Travailler et collaborer avec les géants du numérique, qui disposent des ressources nécessaires pour des actions importantes. Quelques exemples :

  • Avec Waze pour récupérer les données d’utilisation des voiries (exemple de Versailles),
  • Avec Facebook pour créer de l’information voyageur via les chatbots[4] (exemple de Transport For London)
  • Avec Uber pour apporter une offre de dernier kilomètre

Pour cela, il est essentiel de préciser des exigences et des conditions pour cadrer le partenariat, afin de mettre en avant des solutions globales et éprouvées pour une utilisation locale et précise.

2// Se lancer sans ces acteurs et expérimenter des solutions alternatives, comblant les lacunes des GAFA[5]. En effet, là où ces derniers sont relativement « éloignés » du terrain, les acteurs locaux eux, ont une proximité avec leur territoire. Quelques exemples différents illustrent cette option :

  • VTC alternatif : Ride Austin qui propose un service VTC tel que Uber, mais sans avoir l’objectif de générer du profit. La question soulevée dans ce cas est comment assurer la masse critique et répondre à des enjeux locaux ;
  • Partage de ressources : Le projet Digital Transport 4 Africa donne l’exemple pour les pays en développement en matière d’open innovation, en partageant les ressources, les données, mais aussi les outils et documentations pour permettre leur exploitation par le plus grand nombre.
  • Communauté de personnes: OpenStreetMap : plateforme dont la richesse du contenu provient de ses utilisateurs. À l’ère d’internet, la véritable richesse ne se conquiert plus par la force ou l’argent. La véritable richesse est la capacité collective à créer, développer et distribuer de la valeur.
  • Plateforme MaaS : Whim : une start-up à Helsinki qui développe sa propre plateforme de MaaS, en proposant différentes formules d’abonnement pour utiliser les transports en commun, taxi et autopartage sans avoir recours aux plateformes classiques des GAFA. Une façon simple, intégrée et packagée d’accès une offre de mobilité.

Pour aller plus loin :

[1] Au sens application smartphone qui permet d’accéder à différents modes de transport urbain (marche, vélo, voiture partagée, Uber, transport public…) sur une même interface à l’instar de Google Maps ou Citymapper

[2] Pour en savoir plus sur le MaaS : cf le compte rendu du forum Inout à Rennes. Mars 2017

[3] Terme qui désigne en général les fonctions administratives qui assurent le traitement des opérations et l’exécution des ordres de transactions.

[4] Robot logiciel conçu et programmé pour mener des conversations et dialogues avec un individu ou client par le biais de service de conversations automatisées

[5] Acronyme qui design les quatre « géants du web » : Google, Apple, Facebook et Amazon.

Partenaires associés

Centre de Marseille pour l’Intégration en Méditerranée (CMI)

Le Centre de Marseille pour l’Intégration en Méditerranée (CMI) a pour objectif d’améliorer la convergence des politiques de développement durable par le biais d’une plate-forme d’échange de connaissances et d’apprentissage collectif.

Agence Française de Développement (AFD)

L’Agence Française de Développement (AFD) agit depuis soixante-dix ans pour lutter contre la pauvreté et  favoriser le développement dans les pays du Sud et dans l’Outre-mer. Au moyen de subventions, de prêts, de fonds de garantie ou de contrats de désendettement et de développement, elle finance des projets, des programmes et des études et accompagne ses partenaires du Sud dans le renforcement de leurs capacités.

Les transports constituent un secteur d’intervention traditionnel de l’AFD. Sur la période 2001-2005, l’Agence a mobilisé environ 164 M€ par an en moyenne pour la mise en œuvre de projets dans le secteur des transports (en incluant les projets de développement rural et urbain comportant des activités de transport).

World Bank

La
banque mondiale (World Bank) est une source essentielle d’appui financier et technique pour les pays en développement du monde entier.